vendredi 12 février 2010

Pacaya ou comment risquer sa vie pour 7 dollars américain!

LE moment fort de mon voyage est sans contredit l'ascension du Volcan Pacaya. (Notez que j'écris volcan avec un V majuscule c'est dire à quel point j'ai du respect pour lui de m'avoir laissé lui marcher dessus :)! ) La dernière journée avant de repartir vers le Québec, l'idée (farfelue) m'a prise de me rendre à cet endroit situé à environ 1h15 de la ville d'Antigua.

Donc ce matin-là: hop on se pitche en dehors du lit vers 5 heures 30. Le transport vient nous chercher à 6 heures pour que l'on soit les premiers du jour à gravir la bête. Les volcans sont souvent couverts en fin de journée par des nuages qui restent "accrochés" à leur sommet. Le mieux est donc de les explorer le matin aux aurores. Après avoir avaler un petit pain au chocolat acheté la veille et somnoler durant tout le trajet j'arrive au "campement de base..." En fait, il s'agit d'un dépanneur annexé à une maison privée où on va faire pipi en prévision de la montée.

Notre guide s'appelle José (il y a probablement autant de José au Gutemala que de Tremblay au Québec) et il nous explique que c'est une randonnée de 4 kilomètres (3 km en montagne et 1 km directement sur le volcan pour un total de 2 heures). Bon, ceux qui me connaissent plus savent ma forme physique exemplaire -hum, hum!- j'ai donc trouvé la montée particulièrement pénible. Lorsque nous sommes arrivés au dernier kilomètre, mes jambes tremblaient et mon souffle était plus que court: il était absent!!! Okay, j'exagère un peu pour le souffle, mais c'était vraiment ardu. Le sommet du volcan était sous les nuage donc on ne voyait pas vers quoi on se dirigeait. Grimper sur de la lave durcie et sur des pierres volcaniques instables demande beaucoup d'efforts physiques. Les pierres sont tranchantes comme des lames de rasoir et plusieurs personnes avaient les mains ensanglantées. Si quelqu'un était rendu plus haut que nous et qu'il s'appuyait sur la mauvaise roche, celle-ci nous tombait littéralement dessus et il fallait se pousser pour éviter de la recevoir en pleine tronche. Disons gentiment que je commençait à en avoir plein mon cass!!!!


La première surprise est venue lorsque je me suis retenue à l'aide d'une roche et que celle-ci était chaude! Disons que ça devenait de plus en plus mystérieux. Le ciel s'est tranquillement dégagé et j'ai pu apercevoir le sommet fumant du volcan. Rendue complètement en haut (environ à deux cents mètres sous le cratère), j'ai découvert un décor digne d'un cinéma. Les plaques de lave étaient noires et brillantes à la fois. De petites cheminées crachaient une chaleur intense comme directement sortie d'un four. Tellement chaude que la lave à cet endroit n'est pas noire mais elle a une texture de cendre. Le tout juste sous nos pieds.

La dernière coulée remontait selon José à 2 semaines à peine!!! Et nous, nous promenions la-dessus comme si rien n'était. Quelqu'un de mon entourage avec grimpé le même volcan l'an passé et lui avait eu la chance (!?!) de voir couler de la lave rouge juste devant lui...

C'était non-sécuritaire (que dis-je atrocement dangereux) mais ça a été le moment fort de mon voyage. Le plus impressionnant, le plus éprouvant physiquement mais le plus beau et celui qui m'a rendue le plus fière de moi. J'étais contente de dépasser mes limites pour pouvoir profiter d'un panorama que peut-être je ne reverrai plus jamais de ma vie. Je vous laisse sur une photo que j'ai prise au sommet d'où l'on voit une partie du Volcan Pacaya sur lequel je me trouve et en face trois autres volcans dont un en activité -le Fuego- qui nous crache un petit peu de fumée en guise de bonjour!

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